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mardi 31 janvier 2012

La BASF Grameen Ltd.


Du partenariat entre la Grameen Bank, institution bancaire spécialisée dans le microcrédit, et BASF, leader mondial de l'industrie chimique, est né, en 2009, la joint venture BASF Grameen Ltd. Cette entreprise travaille désormais sur deux projets social business.
Le premier projet issu de ce partenariat vise à lutter contre le paludisme en rendant accessible financièrement des moustiquaires de manière à se protéger contre les piqures de moustiques susceptibles de transmettre le paludisme et autres maladies mortelles. Selon un rapport de l'OMS (Organisation Mondiale de la Santé) en 2009, 50,6 millions de personnes au Bangladesh, soient environ 75% de la population, sont exposés au risque d'être contaminées par la maladie du paludisme. Les moustiquaires seront commercialisés sous le nom de Interceptor qui utilisera un textile dans lequel un insecticide (Fendona), intégré au fibre du filet, agira comme un répulsif dès lors qu'un moustique entrera en contact avec le filet. La protection sera toujours efficace même après une vingtaine de lavage ce qui donne à la moustiquaire une durée de vie de 3 à 4 ans.
L'autre projet social business que cette joint-venture a choisi de développer est la production ainsi que la vente de sachets contenant des compléments alimentaires (vitamines et nutriments) dans le but d'améliorer la santé des enfants souffrant de malnutrition au Bangladesh. En effet, selon un rapport de l'UNICEF près de 8 millions d'enfants de moins de 5 ans seraient sous-alimentés.

Le système de vente et de distribution des produits à travers le pays sera géré par des entrepreneurs locaux, essentiellement des femmes, en mettant en place une organisation dont le succès a déjà été prouvé par l'expérience Grameen Danone (les "Grameen Ladies"). Ainsi, en plus de la connaissance du terrain, des structures et des réseaux de distribution la Grameen Bank pourra amener les entrepreneurs à emprunter de l'argent sous forme de microcrédit ce qui permettra d'ouvrir de nouvelles opportunités économiques et sociales aux personnes en zone rurale.
Selon les prévisions, d'ici à 2013, les ventes annuelles de moustiquaires Interceptor s'élèveraient à 200,000 pour une production ayant démarré courant 2010. Les sachets de micronutriments, quant à eux, devraient dépasser les 10 millions d'exemplaires vendus chaque année. BASF aurait investi un montant de 200 000 euros, cet investissement sera remboursé dès 2015 et, en accord avec les principes fondamentaux du social business, les bénéfices seront intégralement reversés dans la joint venture.

mercredi 30 novembre 2011

Cas d'école - la Grameen Danone Foods Limited

C'est en Octobre 2005 à Deauville que le PDG de Danone, Franck Riboud, et le fondateur de la Grameen Bank, Muhammad Yunus, se rencontrent. Après un échange sur les solutions innovantes et progressistes que Danone pourrait proposer afin de lutter contre la malnutrition au Bangladesh, ils décident alors de créer une joint venture: la Grameen Danone. Le professeur Yunus précise d'emblée que cette entreprise fonctionnera comme un social business dont la mission principale sera d'éradiquer la pauvreté.
Au Bangladesh, un enfant sur deux souffre de malnutrition avec en particulier « des carences en micronutriments qui grèvent les possibilités de développement physique et mental ».

4 objectifs sont fixés à Grameen Danone Foods Limited (GDFL) :
- Développer un produit avec une forte valeur ajoutée nutritionnelle, accessible aux plus pauvres. Le yaourt « Shokti Doi » (« celui qui rend plus fort » en Bengali) a été conçu en fonction des besoins nutritionnels des enfants bangladais avec l'aide des nutritionnistes de l'ONG « Gain », ce yaourt est composé de calcium, renforcé en zinc, fer, iode, vitamine A et vendu 6 Taka, l'équivalent de 6 centimes d'euros
- Améliorer les conditions de vie de la communauté par la création d'emplois qui permettent l'augmentation du niveau de vie, puis l'enrichissement du tissu social et du territoire
- Protéger l'environnement et économiser les ressources
- Assurer une activité durable, en tant que social business, la GDFL doit parvenir à assurer sa pérennité, 99% des profits sont réinvestis pour assurer son développement et sa perennité



Après de longues années d'étude-terrain, Muhammad Yunus réussit à familiariser les femmes avec les méthodes et l'intérêt du microcrédit, aujourd'hui 95% des emprunteurs sont des femmes. Celles-ci participent de plus en plus à l'activité économique. Les profits dégagés par ces micro-entrepreneuses étaient significatifs et profitaient davantage à la famille et au village. M. Yunus est persuadé qu'il est préférable de prêter de l'argent à des femmes qu'à des hommes car la femme investit davantage l'argent gagné pour le bien-être de sa famille, l'éducation des enfants, les dépenses de santé etc. Ces micro-entrepreneuses  sont appelées les « Grameen Ladies ».

Danone a décidé de reprendre le concept des Grameen Ladies. Cependant, au lancement des ventes, il y a eu un fort roulement de personnels mais grâce aux conseils d'ONG locales GDFL a réussit à fidéliser les « Grameen Ladies » en leur déterminant une zone de vente précise non loin de chez elles et en leur assurant une formation. Elles sont rémunérées à la commission en effectuant du porte-à-porte. Le principe de ces projets est également de développer une activité locale et de lutter contre l'exode rural. Ce réseau fonctionne sur la proximité. La GDFL réfléchit sur la façon de développer au maximum l'activité économique sur place.

La GDFL a su être acteur dans la vie économique de Bogra en créant des emplois. Elle commence aussi à jouer un rôle dans la lutte pour l'émancipation des femmes au Bangladesh (voulu par M. Yunus).

Danone a su adapter la production, l'usine, installée à Bogra (250 km au nord de la capitale), est 50 à 100 fois plus petite que les standards habituels du Groupe. L'objectif étant de parvenir à toucher 3 millions de consommateur potentiels. Grâce à une enzyme appelée "stabilac", permettant de bloquer le développement bactérien dans le lait pendant plusieurs heures, la GDFL peut s'approvisionner auprès des paysans isolés qui apportent leur lait à la coopérative situé à 80 km de l'usine (la GDFL prévoit de regrouper 6000 paysans dans un an).
Par ailleurs, Le site est équipé d'un biodigesteur, qui produit du méthane permettant de fournir l'énergie au villageois alentours, d'une station d'épuration et de chauffe-eau solaire permettant d'obtenir de l'eau chaude. Toutes les installations fonctionnent au gaz et énergies moins polluantes que l'électricité, peu présente au Bangladesh. De plus, Pendant les périodes de mousson, elle met en place d’énormes réservoirs souterrains pour récupérer l’eau des toits de l’usine.

Enfin, la GDLF a su adapter la structure de financement. Danone a mis en place un fonds novateur et spécialement dédié à ses actionnaires: le fonds "danone.communities". Ce fonds prend la forme d’une SICAV (Société d’Investissement à Capital Variable) gérée par le Crédit Agricole. Les actionnaires du Groupe ont ainsi la possibilité d’investir leurs dividendes dans des projets d’entreprise à vocation sociale financés par ce fonds au lieu de les toucher en numéraire.
« La SICAV danone.communities a vocation à investir, à hauteur de 90 % minimum dans des instruments de taux, OPCVM (Organismes de Placement Collectifs en Valeurs Mobilières) monétaires et obligataires, dans la mesure du possible gérés selon une approche ISR (Investissement Socialement Responsable) et à hauteur de 10 % maximum, dans des entreprises dont le premier objectif est le développement sociétal, via le FCPR (Fond Commun de Placement à Risque) danone.communities". Ce dernier, a pour vocation d'investir dans des entreprises qui ont un projet à fort impact social et qui reste en cohérence avec l'objectif du Groupe Danone: "apporter la santé par l'alimentation au plus grand nombre".